Vendredi 18 août 2006
   

Si les compagnies aériennes turques n’inspirent pas pleinement confiance en Europe, il faut dire aussi que certaines d’entre elles poussent un peu trop dans les approximations.

 

      On a connu les déboires techniques d’Onur Air et, pire encore, de Fly Air, avec des avions dans lesquels les passagers refusent d’embarquer vu l’état de délabrement de l’appareil, d’autres qui s’apprêtent à décoller avec un réacteur à moitié décroché, des atterrissages en catastrophe, etc.

 

      Mercredi 16 août, c’est encore Fly qui s’est illustrée en Pologne. La pilote du Boeing 737 à destination de Poznan est parvenue à se tromper d’aéroport, et est allée se poser sur un aéroport militaire, à plus de 15 kilomètres de l’aéroport civil. Les indicateurs de l’appareil n’auraient rien indiqué d’anormal, aurait-elle déclaré.

 

      Dans cette histoire, de l’avion ou du pilote, on ne sait même plus à propos duquel se faire le plus de soucis.

par Nikolas Roussel publié dans : capitale-istanbul
Mardi 15 août 2006

          Aujourd’hui 15 août 2006, nous voici parvenus à 22 ans de terrorisme kurde en Turquie, la première attaque du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) remontant au 15 août 1984, pour ne jamais cesser depuis.

Ce triste anniversaire repose sur pas moins de 37 000 morts.

Pour le fêter dans les règles de l’art, une bombe a explosé hier en plein cœur du quartier touristique, entre la mosquée de Sultan Ahmet et celle de Sainte-Sophie, faisant trois blessés, dont un jugé dans un état grave. L’engin avait été placé sous un banc.

Cette « bombe à percussion », destiné à faire plus de bruit que de dommages, serait la signature d’un groupe armé kurde, nouveau sur le terrain, intitulé « Faucons de la Liberté du Kurdistan ».

Joyeux anniversaire.


 

par Nikolas Roussel publié dans : capitale-istanbul
Samedi 12 août 2006

Non loin des mosquées touristiques de Sultan Ahmet et Sainte-Sophie, un panneau sous verre attire le regard. On y découvre ces photos :

   

Des photos de Hassan Nasrallah, des pancartes pro-Hezbollah, des slogans anti-americains...A droite du panneau, une petite plaque: "Republique Islamique d'Iran".

par Nikolas Roussel publié dans : capitale-istanbul
Samedi 12 août 2006

    Tout a commencé lorsque le maire de Bursa a entrepris d’interdire, via une action en justice, la création d’une association de défense des homosexuels dans sa ville, qui selon lui ne respectait pas les valeurs morales et familiales turques.

En réaction, l'association de défense des droits des homosexuels (KAOS-GL) a voulu organiser une manifestation à Bursa ; mais il a fallu l’annuler à la dernière minute, sur ordre de la police, et pour d’évidentes raisons de sécurité. En effet, à l’annonce de ce défilé, une foule en colère composée de militants d’extrême-droite, de supporters d’un club de football et de simples homophobes était descendue dans la rue et s’était postée, menaçante, sur le trajet initialement prévu, tandis que la police empêchait les manifestants de sortir des locaux de l’association déjà bombardés de pierres.

KAOS-GL dénonce aujourd’hui la passivité des forces de l’ordre face aux agresseurs (ils n’ont pas été dispersés), et les tentatives antérieures pour faire annuler la manifestation.

Mais, vue l’opinion générale turque peu tolérante sur cette question des homosexuels, était-il vraiment judicieux d’organiser cette manifestation à Bursa ?

Sources : http://www.cyberpresse.ca

par Nikolas Roussel publié dans : capitale-istanbul
Samedi 12 août 2006

L’effondrement des cours de la noisette sur le marché mondial peut paraître, a priori, comme bien anodin. Il n’en est rien en Turquie.

Début août, la perte de valeur marchande de la noisette a fait descendre dans les rues de la petite ville d’Ordu pas moins de 100 000 personnes, et la manifestation a violemment dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre. Ce 8 août, au regard de la gravité de cette crise dans un secteur agricole si important en Turquie, le Premier Ministre Erdogan a réuni en urgence sept ministres, afin de trouver une solution a cette crise majeure du pays.

 

Il faut savoir que la noisette est un pilier de l’économie turque.

Le pays est le premier producteur mondial (85% de la production mondiale), et 8 millions de personnes en dépendent, dans les régions côtières de la mer Noire essentiellement.

 

La surproduction n’est pas un phénomène nouveau ; le secteur affiche habituellement 50 millions d’euros de perte, heureusement compensés par des aides gouvernementales aux petits producteurs. Le problème actuel est politique. Le FMI, sous la tutelle duquel le Gouvernement Erdogan essaye de réduire les dépenses publiques, considère ces aides comme superflues. Leur récente suppression a poussé des milliers de paysans dans une crise dangereuse, à moins d’un an d’échéances électorales dont veulent profiter de peu recommandables partis, notamment islamistes radicaux.

 

Si, à l’issue de la réunion du 8 août, Erdogan a annoncé le rachat d’une partie de la surproduction, la mesure n’a pas satisfait les professionnels du secteur, inquiets des exigences du FMI et de l’Union Européenne. Ils promettent, à l’image du président de la Chambre d'agriculture de Giresun que cite le journal Le Monde, « encore plus de chaos ».

Source: Le Monde Entreprises, 08.08.06, " En Turquie, l'effondrement du cours de la noisette tourne à la crise sociale"

par Nikolas Roussel publié dans : capitale-istanbul
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